Mali - Derrière les fariboles, il s’agit une fois de plus d’une intervention impérialiste

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Bien sûr, le gouvernement français se pose en grand défenseur de la cause du Mali, de son intégrité territoriale, même si, étant donné le régime malien et la succession toute récente de coups d’État, il peut difficilement se poser en protecteur de la démocratie malienne. Mais, derrière ces fariboles, il s’agit une fois de plus d’une intervention impérialiste. Et ce n’est pas le fait qu’elle se mènera avec la peau de soldats africains qui y changera quelque chose.

La France impérialiste ne veut pas que se crée dans cette région du Sahara une situation « à la somalienne » et qu’un territoire, étendu à peu près comme la France, soit sous le contrôle de bandes armées, notamment islamistes, menaçant de déstabilisation toute cette zone, de la Mauritanie à l’ouest au Tchad à l’est, en passant par le Niger.

Le Niger en particulier, déjà ébranlé, comme le Mali, par les contrecoups de la déstabilisation de la Libye, est un grand fournisseur de minerais pour l’industrie nucléaire française (Areva). Et, plus généralement, tuteur attitré de ses anciennes colonies, l’État français se doit de faire périodiquement la démonstration qu’il est toujours là pour soutenir les régimes qui protègent ses intérêts.

La coalition militaire ouest-africaine, patronnée par la France, a d’autant plus de mal à se mettre en place que les armées de ces régimes sont, comme l’armée malienne, tout juste aptes à opprimer et racketter leurs populations, et nettement moins aptes à mener la guerre dans un espace aussi vaste que l’est la zone du Sahara plus ou moins contrôlée par les bandes armées. Et, pour les mêmes raisons, une fois l’intervention déclenchée, il n’est pas dit qu’elle ne se traduise pas par un conflit militaire durable, comme il y en a tant sur le continent africain.

Il va de soi que la position des communistes révolutionnaires est de dénoncer les aventures guerrières de l’impérialisme français même lorsqu’elles se dissimulent derrière l’ONU ou la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest.

[LO, novembre 2012]