Le gouvernement est dans le camp patronal

Quelques mots sur la situation politique et sociale dans le pays…

Et d’abord sur la capitulation du gouvernement face à Mittal, car c’est la meilleure illustration de sa politique. Depuis qu’il est au pouvoir, Hollande et son gouvernement ne cessent de s’aplatir face au patronat.

Il y a eu la fronde des pigeons : il a suffi de quelques jours pour que le gouvernement cède. Puis la pression du grand patronat autour du rapport Gallois et de la compétitivité, là encore le gouvernement a cédé et oh combien, de 20 milliards ! Pour céder ce beau cadeau qui a comblé jusqu’à Parisot, qui ne cachait pas sa satisfaction, le gouvernement s’est renié en augmentant la TVA. 

Puis, le gouvernement s’est aplati face à Mittal après avoir pourtant brandi la menace de la nationalisation. C’est une capitulation, car le gouvernement n’a rien imposé à Mittal.

Après les fanfaronnades de Montebourg et la reculade de Hollande, les travailleurs de Florange se sentent trahis. Ils sont mis devant la vérité nue : le gouvernement socialiste ne les protégera pas de la rapacité patronale et ils se retrouvent seuls.

Dans cette période de crise, le patronat est à l’offensive et attaque tous azimuts : pour maintenir ses profits, il ne pense qu’à licencier, fermer des usines, aggraver les conditions de travail, baisser les salaires. Aujourd’hui, il serait plus court de faire la liste des entreprises qui ne licencient pas, parce qu’elles le font toutes : de SFR à Candia, de Petroplus à PSA, d’Electrolux à Thomson, Sanofi, les banques, les compagnies d’assurance… C’est une hémorragie. Alors l’explosion du chômage est sans surprise. (…) Pendant toute la campagne je dénonçais mille chômeurs de plus chaque jour, maintenant on en est à 1 500 de plus chaque jour.

On en connaît tous les conséquences. Il est à la mode aujourd’hui de déplorer et de dénoncer la précarité énergétique, la précarité sanitaire, la précarité alimentaire…mais tout cela a une origine : le chômage, la multiplication des petits boulots, des temps partiels. Mais on voit que la gauche comme la droite ne veut rien faire contre le chômage.

Le gouvernement a d’ailleurs programmé son impuissance en affirmant que la courbe du chômage ne serait pas inversée d’ici fin 2013 ! Mais cette impuissance est voulue, elle est choisie parce que le gouvernement ne veut pas contraindre le patronat, il ne veut le forcer à rien, rien lui interdire.

Un gouvernement du côté des travailleurs interdirait les licenciements. Dans cette période de crise, il imposerait au patronat de répartir le travail sur l’ensemble des travailleurs avec le maintien des salaires. Chez PSA, cela pourrait se faire facilement à l’intérieur même du groupe. Au lieu que les salariés soient la variable d’ajustement, un tel gouvernement imposerait que ce soient les profits !

Au contraire, le gouvernement Hollande-Ayrault se sent l’obligé du patronat. Il prend les devants, il exauce tous les désirs du Medef. Il s’est d’abord engagé à rembourser la dette rubis sur l’ongle. Et surtout il y a eu le pacte de compétitivité et le crédit d’impôt de 20 milliards qui va consister à verser des chèques aux entreprises du Cac 40 ! Oui, des chèques de Noël aux groupes du Cac 40 : un certain nombre de ces groupes ne payant pas d’impôt sur les sociétés, ils toucheront un chèque, comme madame Bettencourt. C’est le bouclier fiscal de Hollande !

Dans la guerre de classe qui oppose les travailleurs au patronat, le gouvernement est dans le camp patronal. Les travailleurs n’ont aucune protection, aucune mesure à attendre du gouvernement. Ils vont devoir se battre par eux-mêmes pour sauver leurs emplois, leurs salaires et leurs conditions de travail ; non seulement contre le patronat, mais aussi contre le gouvernement.

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