L’objectif est de construire un parti véritablement communiste
Cela fait bien longtemps que le Parti Communiste Français a abandonné les idées véritablement communistes. On pourrait remonter […] loin en arrière pour trouver des illustrations d’une politique qui, à part l’étiquette, n’avait pas grand-chose de commun avec ce que voulaient les fondateurs du Parti Communiste. Celui-ci à sa naissance, en 1920, ne se fixait pas seulement comme objectif d’être un parti de lutte de classe, comme une bonne partie de ses militants voudraient qu’il le redevienne. Il voulait devenir un instrument de la révolution socialiste et, pour parvenir à cet avenir socialiste, il ne comptait pas sur les voies parlementaires.
Le Parti Communiste d’alors faisait sien le programme de Marx, qui proclamait la nécessité pour la classe ouvrière de « s’ériger par une révolution en classe dominante ».
« Le pouvoir politique, à proprement parler, est le pouvoir organisé d’une classe pour l’oppression d’une autre. Si le prolétariat, dans sa lutte contre la bourgeoisie, se constitue forcément en classe, s’il s’érige par une révolution en classe dominante et, comme classe dominante, détruit par la violence l’ancien régime de production, il détruit, en même temps que ce régime de production, les conditions de l’antagonisme des classes, il détruit les classes en général et, par là même, sa propre domination comme classe. À la place de l’ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous. » Voilà ce qu’écrivait Marx dans son programme, le Manifeste du Parti Communiste. Serait-ce dépassé, comme l’affirment aujourd’hui nombre de membres du PCF ?
Nous pensons que la condamnation du capitalisme que formulaient Marx et Engels, tout comme les tâches qu’ils fixaient à la classe ouvrière, sont au contraire toujours d’actualité.
L’organisation capitaliste de la société ne peut amener l’humanité qu’à plus de barbarie ; elle doit être remplacée par une organisation où l’économie sera mise au service de l’ensemble de l’humanité. C’est l’évolution capitaliste elle-même qui fait surgir la nécessité d’une transformation profonde, révolutionnaire, de la société, et qui donne toute leur actualité aux perspectives communistes. C’est pourquoi les idées vraiment communistes ne disparaîtraient pas, même si le PCF abandonnait cette étiquette. C’est le capitalisme qui amènera inéluctablement de nouvelles générations de jeunes et de travailleurs à s’en emparer.
Mais, dans le combat pour que renaisse un authentique mouvement communiste se donnant pour but cette transformation sociale, les militants communistes actuels du PCF peuvent jouer un rôle important. Ils le peuvent en renouant avec les idées qui étaient celles de leur parti à sa naissance.
Et ce que nous pouvons souhaiter, c’est que tous ceux, parmi ces militants, qui ne perdent pas courage, qui savent que le mouvement ouvrier a eu des hauts et des bas, et qui sont convaincus que le capitalisme ne peut pas être l’avenir de l’humanité, se fixent, comme nous, l’objectif de construire un parti véritablement communiste.