Chavez, “sauveur” des classes populaires ? #1

[@LutteOuvrière n°2200 du 1er octobre 2010] Depuis le début, le régime de Chavez s’est servi des revenus du pétrole pour financer ses réformes sociales, mais le Venezuela ne peut échapper éternellement aux effets de la crise économique mondiale. La chute des prix du pétrole menace les programmes sociaux, engendre l’inflation et le chômage. La droite va être tentée de s’appuyer sur les régions sous son contrôle pour reprendre sa campagne contre le régime de Chavez. Elle pourrait même imiter l’oligarchie bolivienne et réclamer l’autonomie des régions riches en pétrole comme l’État de Zulia.

Dans le passé, plusieurs tentatives de coups d’État inspirées par la droite se sont soldées par un échec parce qu’elles ont provoqué, en retour, le soutien et la mobilisation des classes exploitées, conscientes que le retour de la droite et de l’oligarchie possédante signifierait la fin de certains progrès sociaux.

Ces élections du 26 septembre viennent de témoigner encore une fois du soutien populaire dont disposeChavez, tout simplement parce qu’il est le premier gouvernement qui se soit soucié un tant soit peu des classes populaires.

Mais, du point de vue de celles-ci, ce régime ne pourra pas être toujours une garantie. Malgré les déclarations socialisantes de Chavez, celui-ci s’est limité à financer des programmes d’aides sociales, mais n’a entrepris aucune transformation profonde de la société. Ne cherchant nullement à exproprier les capitalistes privés qui dominent les secteurs clés de l’industrie et les banques, il leur a ainsi laissé toute leur puissance sociale, ce qui peut leur permettre de revenir en force demain.

Alors, pour leur avenir, les masses populaires vénézuéliennes ne peuvent se fier au seul « sauveur suprême » Chavez, mais seulement aux transformations qu’elles pourront imposer dans la société.