Défendre l’internationalisme prolétarien contre les balivernes protectionnistes
Aujourd’hui, alors que l’économie est cent fois plus mondialisée qu’elle ne l’était à l’époque de Marx, il est inepte et réactionnaire de proposer un repli national et il est d’autant plus essentiel de défendre l’internationalisme prolétarien. Pour nous, ce ne sont ni l’exportation de capitaux, ni l’importation de marchandises qui posent problème. Le « made in France », le « produisons français », le « patriotisme économique », ce sont des balivernes, des idées réactionnaires. Il n’y a pas un bien de consommation courante qui ne résulte du travail de milliers de travailleurs de plusieurs pays, de plusieurs nationalités, de plusieurs continents ; et pour les capitalistes, l’argent n’a pas plus de frontières qu’il n’a d’odeur. Les révolutionnaires combattent bien sûr tous les licenciements, quel qu’en soit le motif d’ailleurs : que ce soit pour délocaliser, pour augmenter la productivité, pour dégager des fonds spéculatifs, etc. Nous sommes pour leur interdiction, ce qu’aucun des défenseurs du « made in France », Mélenchon pas plus que Bayrou, Montebourg pas plus que Le Pen, ne défend !
Et comme pour les socialistes au début du XXe siècle, c’est aussi pour nous un progrès si l’industrie se développe en Chine, en Inde ou au Vietnam. Parce que cela renforce et élargit la classe ouvrière, et que ces prolétaires sont des alliés futurs des travailleurs de France, des États-Unis ou d’ailleurs. Bien sûr, ce qu’on voit surtout, c’est qu’ils sont surexploités, qu’ils n’ont pas le droit de s’organiser, qu’ils se suicident ou sont intoxiqués, souvent du fait de capitalistes occidentaux qui prétendent diriger des entreprises « citoyennes ». Mais la formation de la classe ouvrière, c’est aussi le développement de luttes. Et en Chine, en Inde ou au Bangladesh, des travailleurs se battent, parfois dans de grandes grèves, contre l’exploitation, pour des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Et ce que nous espérons, c’est que ces luttes, aujourd’hui économiques, deviennent un jour des combats politiques contre la bourgeoisie et pour le pouvoir des travailleurs. Nous fondons nos espoirs d’une société meilleure dans la lutte internationale des travailleurs et c’est la perspective dans laquelle nous nous plaçons.
À la différence du PS et du PCF, nous sommes restés fidèles aux idées internationalistes. C’est-à-dire que nous combattons tout ce qui dresse les travailleurs d’un pays ou d’un continent contre d’autres. Nous continuons de dire que ce qui sépare les hommes, ce n’est pas la nationalité, c’est la classe sociale ; que le monde ne se divise pas entre les Français et les autres, ou entre les Européens et les Chinois, mais entre la classe des travailleurs et celle des capitalistes. Et, face aux chauvins de tout poil, nous faisons toujours nôtre ce cri de guerre, lancé il y a plus de 160 ans : « Prolétaires de tous les pays, unissons-nous ! »
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