Le NPA invite LO à son université d’été… Réponse de Lutte Ouvrière
Paris, le 27 juillet 2012
Chers camarades, Nous avons bien reçu l’invitation à votre université d’été et en particulier au débat que vous organisez le dimanche 26 août 2012 à 14 heures, à Port-Leucate, sur le thème « quelle opposition de gauche au gouvernement ».
Ce n’est pas le caractère tardif de votre invitation – dont vous vous excusez – qui pose problème, mais la nature et l’objet même du débat. Il est censé se dérouler entre représentants de différentes organisations, notamment du Parti de Gauche, du PC réu unitaire, du PCOF, des Alternatifs d’obédiences diverses, supposées avoir pour ambition de construire une « opposition de gauche au gouvernement ».
Pour notre part, nous ne nous situons pas dans cette perspective, mais dans celle de la construction d’une organisation communiste révolutionnaire, d’un parti qui représente les intérêts politiques de la classe ouvrière, jusqu’à l’ultime aboutissement de son combat : le renversement du pouvoir de la bourgeoisie et l’expropriation du grand capital.
Cette perspective a toujours été la nôtre. La crise actuelle de l’économie capitaliste et surtout la disparition quasi-totale de toute force politique décidée à combattre non pas telle ou telle tendance politique qui se situe sur le terrain du capitalisme, mais le pouvoir de la bourgeoisie et l’organisation capitaliste de la société, mettent en évidence les conséquences désastreuses du manque d’un véritable parti communiste révolutionnaire.
La crise qui s’aggrave a déjà entraîné, au moins en Grèce et en Espagne, des soubresauts sociaux plus ou moins vigoureux.
Il en ira de même – nous en sommes persuadés – en France. Et c’est précisément en raison de ces échéances qu’il nous paraît indispensable, vital, que le prolétariat dispose d’une organisation capable de lui indiquer une politique de classe correspondant à la situation. Malheureusement, on ne peut que constater l’immense retard dans ce domaine qui se traduit par le fait que la classe ouvrière est désorientée, sans référence et peu ou pas armée pour affronter des phases plus aigües encore de la lutte de classe qui nous attend.
Les choses peuvent changer très vite et le retard peut se rattraper à condition de s’engager dans la bonne direction. Se situer dans la seule perspective d’une « opposition de gauche au gouvernement » par le regroupement de formations hétéroclites, unies par la seule ambition de profiter de l’éventualité que le Parti Socialiste se déconsidère en menant au gouvernement la politique de la bourgeoisie, c’est s’engager d’emblée dans la mauvaise direction. Bien sûr qu’une organisation communiste serait dans l’opposition par rapport au gouvernement socialiste actuel qui est, comme ses prédécesseurs de droite, le « conseil d’administration de la bourgeoisie » ! L’opposition seule au gouvernement Hollande-Ayrault, même flanquée de l’expression « de gauche » comme seul élément fédérateur entre les groupes que vous invitez au débat, signifie que le débat reste limité à la énième tentative de regrouper ce que vous appellez « la gauche de la gauche ». Le pire n’est même pas que vos tentatives précédentes ont échoué – pour les élections précédentes, c’est Mélenchon qui a réussi ce dont vous avez rêvé – mais que, si elles réussissaient, elles constitueraient une nouvelle tromperie pour la classe ouvrière, un nouveau subterfuge pour la détourner d’une politique de classe.
Nous sommes tout à fait disposés à discuter avec tous ceux qui se situent sur le terrain de la classe ouvrière. Ce n’est pas le cas des organisations qui participeront à votre débat. Ce n’est pas l’objet du débat.
Tout en vous souhaitant le succès pour votre université d’été, car tous ceux qui n’ont pas perdu la volonté de militer méritent le respect, nous n’avons pas l’intention de participer à ce débat.
Pour Lutte Ouvrière,
Pierre Royan