#4 / Le communisme ne défend pas le productivisme
Rationaliser la production n’est pas nécessairement l’accroître à l’infini. Il ne s’agit pas non plus de tout centraliser ni de produire toujours plus. La société aura le souci d’économiser le travail humain, pour permettre à chacun d’autres activités que le travail productif, pour permettre l’accès à la culture, pour permettre aussi « le droit à la paresse » pour reprendre l’expression de Lafargue. Elle aura aussi le souci de respecter l’équilibre écologique de la planète, de n’épuiser ni son sol ni son sous-sol.
Marx écrivait déjà dans le Capital, il y a presque 150 ans : « La société elle-même n’est pas propriétaire de la Terre. Il n’y a que des usufruitiers qui doivent l’administrer en bons pères de famille, afin de transmettre aux générations futures un bien amélioré ».
Engels, lui, écrivait à la fin du 19e siècle, dans Dialectique de la Nature : « Les faits nous rappellent à chaque pas que nous ne régnons nullement sur la nature comme un conquérant règne sur un peuple étranger, comme quelqu’un qui serait en dehors de la nature, mais que nous lui appartenons avec notre chair, notre sang, notre cerveau, que nous sommes dans son sein et que toute notre domination sur elle réside dans l’avantage que nous avons sur l’ensemble des autres créatures de connaître ses lois et de pouvoir nous en servir judicieusement ».
Mais pour pouvoir nous servir judicieusement des lois de la nature, le préalable est de mettre un terme à l’organisation capitaliste de l’économie. Plus nous tarderons, plus la catastrophe écologique risque d’être irrémédiable.
La menace de cette catastrophe, qui rejoint la catastrophe sociale déjà en cours, nous renforce dans notre conviction de communistes qu’il faut débarrasser au plus vite la société de la concurrence, de la course au profit et de la propriété privée des moyens de production, c’est-à-dire qu’il faut la réorganiser sur une base rationnelle et égalitaire.
Extrait du Cercle Léon Trotsky n°106 (janvier 2007)