#1 / le capitalisme, une organisation économique responsable de la pollution de la planète

Depuis au bas mot dix mille ans, les activités des hommes pour assurer collectivement leur subsistance ont modifié la nature, la faune, la flore et l’environnement. L’invention de l’agriculture, puis son extension, ont entraîné des déforestations ; l’irrigation a provoqué la salinisation de certains sols ; la domestication d’espèces animales, leur élevage et leur pâturage intensif ont accéléré l’érosion des sols, laissant une empreinte encore visible sur les paysa- ges de la Méditerranée. On retrouve aujourd’hui, dans les carottages prélevés dans les calottes glaciaires, des traces mesurables du plomb émis il y a plus de 2 000 ans par les mines grecques et romaines.

Avec le développement sans précédent des capacités de production depuis le début de la révolution industrielle, avec l’augmentation importante de la population mondiale au cours du 20e siècle, cette empreinte des activités humaines sur la planète n’a pu qu’augmenter. Surtout que depuis la révolution industrielle, les activités économiques humaines se font dans le cadre d’une organisation sociale, la société capitaliste, qui se caractérise par une concurrence acharnée entre entreprises rivales, qui se caractérise par leur irresponsabilité générale vis-à-vis des hommes comme de la nature, par leur recherche permanente du profit maximum.

Ces entreprises privées organisent leur production et leurs approvisionnements en fonction du seul marché solvable. Du fait de leur concurrence, elles multiplient les productions en double ou en triple, produisant largement des biens inutiles ou accessoires pour quelques riches clients potentiels mais elles sont incapables de satisfaire les besoins élémentaires, et même vitaux, de la grande majorité de la population de la planète. Le seul régulateur de ce système économique est le marché qui ne régule qu’a posteriori, après avoir souvent trop produit, avec des retards, des à-coups et à chaque fois un gâchis sans nom.

Extrait du Cercle Léon Trotsky n°106 (janvier 2007)