Côte d’Ivoire - Un gouvernement impuissant face au banditisme
A la fin du mois de mars, des travailleurs habitant le quartier populaire d’Abobo Derrière-rails, ont été arrêtés par des éléments des FRCI et présentés à la télévision comme des mercenaires. Après plusieurs jours de détention et de sévices corporels, ils ont pu recouvrer la liberté grâce à la mobilisation de leurs parents et de leurs connaissances qui ont manifesté devant le siège de l’ONUCI et à la RTI. Un mois après, dans un autre quartier populaire de la commune de Yopougon, à Gesco, un autre travailleur a été enlevé nuitamment à son domicile. Cet ouvrier est un employé de la société SATOCI, sise à la zone industrielle de Yopougon, connu de tous ses collègues de travail. Après son enlèvement, il a été présenté par la presse proche du pouvoir comme un gangster tueur de FRCI. C’est d’ailleurs dans cette presse que ses collègues ont appris son arrestation. Présentement, il est emprisonné à la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA).
A défaut de combattre le banditisme dont les acteurs sont souvent des ex-miliciens qui ont servi soit le camp FPL soit celui du RDR, le pouvoir s’en prend aux travailleurs ramassés dans les quartiers pauvres. C’est sa manière à lui de faire croire qu’il agit. Mais ce sont les petites gens qui en font les frais pendant que les malfaiteurs courent toujours.
Le Pouvoir aux travailleurs n°384, 24 juin 2012 UATCI (Union Africaine des Travailleurs Communistes Internationalistes)