Quand les dirigeants maliens et ceux de la CEDEAO demandent l’engagement militaire des pays impérialistes au Mali

La crise politique et militaire qui semble s’éterniser au Mali frappe doublement la population pauvre. En premier lieu ce sont ceux qui habitent dans les zones de guerre au Nord du pays qui souffrent le plus Plusieurs dizaines de milliers d’entre eux ont dû fuir de Gao, de Tombouctou et d’autres localités du nord pour aller se réfugier là où ils peuvent. Une fois arrivés dans les camps de réfugiés (au Niger ou en Mauritanie), ils doivent supporter des conditions d’existence très difficiles.

Quant à ceux qui n’ont pas pu évacuer les villes en guerre, ils doivent subir toutes sortes d’exactions des hommes armés du MNLA ou des mouvements islamistes. Les habitants sont terrorisés par ces nouveaux occupants qui se comportent comme des voyous, qui rackettent, qui volent, qui violent et qui tuent pour un oui ou pour un non. Mais cette situation de crise frappe aussi les habitants des autres régions qui ne sont pas en guerre.

A commencer par ceux qui habitent à Bamako. Car au fur et à mesure qu’on s’enfoncé dans la crise, l’activité économique se trouve diminuée. C’est le cas du secteur du Transport de marchandises. Cela fait des recettes douanières en moins pour l’Etat malien mais cela favorise aussi l’augmentation du coup de la vie. De nombreuses entreprises ont annoncé une baisse de 20 à 30% de leurs activités. Certaines ont mis leurs personnels au chômage technique pour une durée indéterminée, d’autres ont purement et simplement “remercié” leurs salariés sans aucune indemnité. C’est le cas de nombreux salariés dans le secteurs de l’hôtellerie et restauration.

Pendant ce temps, la seule préoccupation de ceux qui ont pris le pouvoir par un coup d’Etat en chassant ATT, c’est de claironner leur intention d’aller “reconquérir” le Nord par les armes. Certes, jusqu’ici ils n’ont fait que claironner, mais les va-et-vient des dirigeants maliens entre Bamako et Paris ainsi que la demande insistante de la Cedeao (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) auprès des dirigeants impérialistes pour obtenir leur soutien militaire, indiquent peut- être qu’on s’achemine vers un engagement militaire de plus en plus ouvert.

Et cela n’augure rien de bon pour la population pauvre car c’est elle qui risque le plus d’en faire les frais. Que ce soit sous le couvert de l’ONU ou directement sous prétexte de venir au secours de populations, les dirigeants impérialistes lorsqu’ils décident d’envoyer leurs troupes pour intervenir en Afrique ou ailleurs c’est d’abord pour rétablir l’ordre impérialiste. On l’a vu en Irak, en Afghanistan et plus récemment en Libye. Des quartiers entiers ont été bombardés dans les villes sous prétexte de poursuivre des terroristes qui s’y cacheraient. Des villageois ont subi le même sort, femmes et enfants compris.

Et demain si ces mêmes dirigeants ou leurs successeurs décident d’intervenir militairement au Mali, quels que soient les prétextes avancés, ce sera d’abord pour montrer que ce sont eux qui sont les maîtres du monde. Ils n’hésiteront pas à bombarder les populations civiles innocentes car la seule chose qui compte pour eux ce sont les intérêts de l’impérialisme.

Le Pouvoir aux travailleurs n°384, 24 juin 2012 UATCI (Union Africaine des Travailleurs  Communistes Internationalistes)