Le protectionnisme : #bullshit réactionnaire #3

Affirmer, comme il est à la mode de le faire, que la capacité d’exportation de la Chine, jointe à la quantité de dollars qu’elle détient, annoncerait que la Chine serait en train de rattraper les États-Unis tient du sensationnalisme. Il y a cependant quelque chose de fondamentalement vrai dans le constat de l’interdépendance des États-Unis et de la Chine.

Plus généralement, le présent comme l’avenir de tous les pays du monde sont plus interdépendants que jamais. La crise, partie de l’immobilier américain, est devenue rapidement une crise mondiale. Depuis, toutes les phases successives de cette crise se sont propagées à des degrés divers partout dans le monde. Les imbéciles y verront un effet de la « mondialisation capitaliste ». Le problème n’est pas la mondialisation, mais le capitalisme.

Déjà, en 1929, l’économie était tellement mondialisée que la crise s’était propagée à l’échelle de la planète et qu’elle était devenue une crise mondiale. Les différentes bourgeoisies impérialistes ont tenté, à l’époque, de s’en sortir par des repliements protectionnistes.

Mais la bourgeoisie elle-même, ses dirigeants politiques comme ses économistes ont fait le constat de l’inefficacité de ce retour au protectionnisme. C’est une leçon qui s’est suffisamment ancrée dans leur esprit pour que, tout en prenant des mesures protectionnistes, ils soient unanimes aujourd’hui à proclamer que cette voie n’est pas la bonne. Mais l’avenir démontrera de nouveau, de façon plus ou moins grave, qu’un retour au protectionnisme généralisé serait une catastrophe.

La mondialisation, on ne peut pas l’évacuer. C’est la loi de l’évolution de la société humaine. Seule pourrait la faire reculer une catastrophe, une guerre nucléaire qui aurait pour conséquence de repousser la société humaine bien en arrière dans ce domaine comme dans tous les autres. La voie d’un retour de la barbarie n’est pas exclue pour l’humanité.

Mais, pour les communistes, la mondialisation est précisément ce qui permettra à l’humanité, une fois débarrassée du capitalisme, de créer une forme sociale supérieure, où les moyens de production ne seront plus propriété privée, où il n’y aura plus ni marché ni profit privé et où la société pourra enfin dominer sa propre production de manière consciente.

Un des fondements du progrès économique est la division internationale du travail à l’échelle du monde. Notre planète est depuis longtemps une entité économique unique, où les richesses naturelles sont réparties entre les différentes régions du monde. Toutes les productions, jusqu’aux plus dérisoires jouets fabriqués en Chine avec des matériaux venant de divers pays pour être vendus sur le marché français ou américain, résultent d’un travail collectif ou, si l’on préfère, de la coopération de fait de travailleurs de plusieurs nationalités. Eh bien, il faut que cette coopération devienne consciente et, par là même, maîtrisée.

Voilà pourquoi, si la voie du communisme passe par des transformations sociales profondes impliquant en particulier l’expropriation de la classe capitaliste, elle passe tout autant par l’internationalisme, c’est-à-dire par la coopération, cette fois-ci consciente, de tous les pays. Jusqu’à ce que la division entre les États et les nationalismes opposés ne soit plus qu’un souvenir d’un passé barbare.

Et la conclusion active à en tirer, c’est que pour que le prolétariat puisse renverser la bourgeoisie, autant il est indispensable qu’il se donne un parti, autant l’émergence de tels partis sera concomitante avec l’émergence d’une internationale commu­niste révolutionnaire.

Extrait de la Lutte de classe 132 (décembre 2010)

3 notes

Afficher

  1. recriweb a reblogué ce billet depuis quilemportera
  2. quilemportera a publié ce billet