Un parti communiste révolutionnaire, une nécessité

Aujourd’hui, cette perspective paraît utopique à l’immense majorité. Et pour cause : la solidarité collective est difficile à construire pour se défendre au quotidien. Si depuis tant d’années la classe ouvrière recule devant l’offensive de la bourgeoisie, c’est en raison de la situation objective, de la crise économique et du chômage qui isole et divise les travailleurs. Mais c’est aussi parce qu’il manque un parti représentant leurs intérêts de classe. Le mouvement ouvrier s’est donné dans le passé avec le Parti socialiste d’abord, le Parti communiste ensuite, de vrais partis, avec des militants présents à l’échelle du pays, dans la plupart des entreprises et des quartiers populaires. (…) Cet acquis politique et militant a été dilapidé. Le PS puis le PC ont fini par remplacer le drapeau rouge par le drapeau français, l’Internationale par la Marseillaise. En abandonnant les références de classe, ils ont laissé nombre de travailleurs déboussolés et sans repère. Ils ont laissé le champ libre dans les classes populaires aux idées nationalistes et à la démagogie anti-immigrés. Alors que le mouvement ouvrier politique des débuts du socialisme rejetait toute idée de participation gouvernementale, cette participation est devenue l’objectif ultime du Parti socialiste d’abord, puis du Parti communiste, quand bien même les gouvernements de la bourgeoisie ne laissent pas d’autre choix à ceux qui en font partie que d’être, pour reprendre l’expression d’un dirigeant socialiste, « les gérants loyaux du capitalisme ». Dans des périodes où l’économie capitaliste est en expansion, la contradiction entre l’intérêt des travailleurs et la participation gouvernementale ne saute pas nécessairement aux yeux. Mais, dans des périodes de crise, servir la bourgeoisie au gouvernement signifie clairement s’en prendre aux intérêts des travailleurs. C’est ce qui s’est passé quand Mitterrand a dû prendre le tournant de la rigueur, bloquer les salaires et licencier dans la sidérurgie. C’est ce qui s’est passé sous Jospin, qui a plus privatisé que les deux gouvernements de droite qui l’ont précédé. (…) Si la crise s’approfondit, il ne faut pas laisser aux partis de droite ou d’extrême droite la possibilité de mettre la révolte de l’une ou l’autre des catégories populaires au service de leurs projets réactionnaires. Les communistes révolutionnaires doivent être présents et se battre pour donner à ces luttes la seule orientation positive : la lutte de classe. Pour que les coups de colère se transforment en révoltes conscientes, il faut que les travailleurs aient une politique, qu’ils sachent pour quoi se battre, pour quels objectifs. L’existence d’un parti, riche des expériences de l’ensemble du mouvement ouvrier et présent à l’échelle du pays, manque aujourd’hui cruellement. Il faut œuvrer pour qu’il renaisse au plus vite. (…) Nathalie Arthaud, fête 2012.