L’organisation de la production agricole en fonction des besoins et par des choix conscients
Dans une économie rationnellement organisée, on répartira le travail entre tous. Les améliorations de productivité ne serviront pas à accumuler toujours plus de profit revenant en boomerang sous forme de catastrophe financière. Elles serviront à réduire le temps de travail pour tous.
L’humanité continuera à être confrontée à des choix entre grandes orientations. Mais ces choix, la collectivité pourra les faire consciemment et démocratiquement. La question se posera, par exemple, de savoir dans quelle mesure on développe l’agriculture locale et régionale, avec sa production spécifique, et dans quelle mesure, pour certains produits, on concentre la production avec les moyens les plus modernes pour produire à grande échelle. En d’autres termes, même si la population continue à augmenter, l’avenir n’est pas forcément de défricher des zones encore non cultivées, de réduire, par exemple, la forêt tropicale comme cela se pratique aujourd’hui, de manière sauvage et incontrôlée, de l’Amazonie à la Papouasie-Nouvelle-Guinée, en passant par l’Afrique. On pourra même, sans doute, reboiser des zones dont le capitalisme sauvage a détruit les forêts et rendre à la nature des régions entières pour préserver la biodiversité et offrir aux hommes la possibilité et le plaisir d’un contact avec la nature préservée.
C’est seulement alors que l’écologie pourrait cesser d’être une préoccupation impuissante pour petits-bourgeois qui n’ont pas de problèmes de survie quotidienne, pour devenir un élément des choix conscients que la collectivité aura à faire. Et puis, nous ne savons pas non plus de quelle façon se réaliseront les prévisions des premiers communistes, Marx et Engels en tête, concernant la disparition de la différence entre les villes et les campagnes, celle de la division du travail qui demeurera sans doute, mais qui n’emprisonnera plus chaque être humain dans un seul type d’activité tout au long de sa vie. Ce que nous pouvons assurer en tout cas, sans jouer aux devins, c’est que, dans une société débarrassée de la dictature du capital, sauf catastrophe cosmique, plus personne ne souffrira de la faim. La nourriture sera, comme l’air qu’on respire, ce qu’elle devrait être : un droit naturel pour tout être du simple fait de son appartenance à la collectivité humaine.
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