La réorganisation de l’industrie en fonction des besoins… #communisme

L’organisation de l’industrie et celle de l’agriculture sont étroitement liées. Rien que ces mesures simples permettraient à brève échéance d’écarter toute crise alimentaire. Insistons sur le fait que même avec la quantité de terres arables disponibles et cultivées avec les moyens d’aujourd’hui, toutes les estimations considèrent que la terre peut nourrir neuf milliards de personnes alors que la population actuelle est de six milliards et demi d’habitants. Débarrassées des chaînes du capitalisme, de la recherche de rentabilité à court terme, les sciences et les techniques progresseront à un rythme inimaginable aujourd’hui. En tant que communistes, nous avons confiance en la possibilité de l’homme d’accroître en permanence son emprise sur la nature, d’inventer des méthodes de culture nouvelles et de révolutionner par là même la production agricole. Nous n’avons pas la prétention de deviner comment sera organisée la production de la nourriture par une humanité débarrassée de l’exploitation, des lois du marché et de la rivalité pour le profit. Disons seulement qu’il ne s’agira pas nécessairement de faire rattraper par chaque pays pauvre le retard accumulé par les siècles de pillage colonialiste, puis impérialiste. Il s’agira de faire en sorte que les richesses et les biens matériels, issus en partie de ce pillage et accumulés dans les pays impérialistes, puissent être mis au service de l’ensemble de l’humanité. Rendre les terres plus productives réduira, bien sûr, le nombre de paysans. Mais, dans une organisation économique rationnelle, il y aura un autre choix que de crever de misère dans son village ou la fuite éperdue et si souvent mortelle vers les pays riches. Et puis l’avenir du paysan africain, par exemple, n’est pas de cultiver la terre avec la daba, la houe africaine, même en disposant de pompes à eau ou d’engrais. Les paysans abandonneront la production agricole d’autant plus volontiers qu’ils pourront trouver leur place dans d’autres activités et quitter le repliement et la coupure que la position d’agriculteur pauvre d’aujourd’hui implique. La vie de ceux qui, disposant de moyens modernes, resteront dans l’agriculture se rapprochera de celle des citadins, comme c’est le cas de la majorité des agriculteurs des pays développés. Ce sont les lois de l’économie capitaliste qui font que ceux qui, aujourd’hui, quittent les campagnes dans les pays pauvres, ne trouvent dans les villes de leur pays que le chômage et la misère des bidonvilles.

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