Georges Moustaki - Je voudrais, sans la nommer, Lui rendre hommage, Jolie fleur du mois de mai…

Fête de Lutte Ouvrière - Faire vivre nos idées et préparer l’avenir

 

Si le beau temps n’était pas au rendez-vous à la Fête de Lutte Ouvrière des 18, 19 et 20 mai, la fraternité et la bonne humeur étaient bien présentes parmi les participants. Malgré la pluie, la Fête a été un succès.

Comme chaque année, cette Fête est l’occasion, dans une ambiance joyeuse et fraternelle, d’échanger des idées, de discuter des problèmes cruciaux qui se posent aux travailleurs face aux attaques du patronat et du gouvernement Hollande qui le sert. Elle a été cette année l’occasion de rencontrer et d’applaudir des ouvriers de l’usine PSA d’Aulnay racontant leur grève après quatre mois de lutte.

Comme l’a rappelé Nathalie Arthaud lundi 20 mai, cette fête est aussi celle de nos camarades de Spark aux États-Unis, celle de tous nos camarades qui militent dans le cadre de l’Union Communiste Internationaliste, aux Antilles dites françaises, à Haïti, en Côte d’Ivoire, en Belgique, Allemagne, Grande-Bretagne, Espagne, Italie, à la Réunion, en Turquie.

Ce grand rassemblement a montré encore une fois que notre courant communiste révolutionnaire, qui regroupe ceux qui veulent en finir avec cette économie capitaliste, est bien vivant.

Fête de LO 2013 - Le but est de remettre le monde sur ses pieds ;-)

Fête de LO 2013 - Le but est de remettre le monde sur ses pieds ;-)

Fête de LO 2013 - Débat sur la grève #PSA Aulnay avec Jean-Pierre Mercier

Fête de LO 2013 - Débat sur la grève #PSA Aulnay avec Jean-Pierre Mercier

Fête de LO 2013 : C’est la luuuuttte finaaale… ♫

Fête de LO 2013 : C’est la luuuuttte finaaale… 

22 mai 1945 - Les morts ensevelissent les vivants (Barta)

Pour celui qui contemple aujourd’hui le monceau de ruines de ce qui fut autrefois la civilisation capitaliste européenne, la bourgeoisie n’a d’autre explication que la “barbarie teutonne”. Mais les vainqueurs “démocratiques” eux-mêmes, dans la pratique, n’ont pu montrer par un seul exemple la différence entre leurs méthodes et celles du 3ème Reich. La plus grande “émulation” règne parmi tous les Etats-majors et tous les Gouvernements pour, à chaque coup d’en face, non seulement rattraper, mais dépasser la barbarie de l’adversaire.

Aux “V1” répondirent les “tremblements de terre” et le “liquide brûlant” alliés, la destruction de villes européennes par l’aviation allemande fut suivie de la destruction totale des villes allemandes, à la terreur de la Gestapo dans les pays occupés (et en Allemagne) a succédé la terreur alliée en Allemagne (avec le concours des nazis !) et dans les pays “libérés” : répression et terreur blanche en Grèce.

Et si Hitler, conformément aux intérêts des capitalistes allemands, en découpant l’Europe avait dépassé même les folies du traité de Versailles, la victoire de la coalition “démocratique” a livré l’Europe au chaos : d’après M. Grew, secrétaire d’Etat américain, plus de 30 questions territoriales en Europe réclament un examen “approfondi” avant qu’une solution puisse intervenir ; et une seule d’entre elles, celle de Trieste, a déjà provoqué une tension armée entre Tito (c’est-à-dire l’URSS) et les Anglo-américains…

Le capitalisme pourrissant a consommé la ruine du Continent. Le niveau de vie des masses est descendu (tant que le capitalisme subsistera) à un niveau misérable, l’Etat capitaliste s’est définitivement émancipé de tout contrôle parlementaire pour ne plus sortir du régime d’oppression militaire et policière, la ville et la campagne s’éloignent de plus en plus l’une de l’autre, la culture et les mœurs sont complètement perverties ; voilà la barbarie, malgré une technique de plus en plus élevée.

Mais le recul historique de l’Europe n’est que la préface du recul du monde entier.

Smuts, Stettinius, et d’autres politiques bourgeois alliés ont reconnu “qu’une troisième guerre mondiale provoquerait la ruine des Etats-Unis eux-mêmes”, c’est-à-dire du niveau de vie des masses.

Or, de cette troisième guerre mondiale il ne faut pas parler au futur, mais dans le présent, car le monde, en premier lieu les Etats-Unis (dont les capitalistes ont besoin de l’hégémonie mondiale), ne sortira plus jamais de la guerre. Nulle part il n’est question d’un arrêt des fabrications de guerre : les Etats-Unis ont déjà dépensé 275 milliards de dollars pour cette guerre, c’est-à-dire dix fois plus que dans celle de 14-18. Le 7ème emprunt de guerre vient d’être lancé. Même le pays le plus riche du monde est en voie de se ruiner.

La bourgeoisie, fossoyeur de la civilisation.

Au moment même où la guerre était sur le point d’éclater, les hommes d’état capitalistes “essayaient” encore d’ajourner le conflit. Car ils éprouvaient des craintes quant aux conséquences de cette guerre, non pas tant en ce qui concerne la ruine de la société, qu’ils prévoyaient, mais en ce qui concerne le sort de la domination de leur classe.

Le 25-8-1939, dans une entrevue entre Hitler et l’Ambassadeur français en Allemagne, ce dernier répondit aux inquiétudes de Hitler au sujet d’une guerre franco-allemande : “…si le sang français et le sang allemand doivent couler, il n’y aurait pas à payer que cet impôt de sang si fort qu’il fût ; les ravages d’une guerre certainement longue, entraîneraient un cortège d’atroces misères. Si je pensais effectivement, ai-je remarqué, que nous serions victorieux, j’avais aussi la crainte qu’à l’issue d’une guerre, il n’y eût qu’un vainqueur réel, M. Trotsky”. (Livre jaune 1939, page 259).

La bourgeoisie était consciente que la guerre serait longue et qu’elle coûterait aux masses un lourd impôt de sang et d’atroces misères. Mais le seul obstacle qui la faisait hésiter à déclencher le massacre, c’était la crainte de la révolution prolétarienne. L’exemple de la guerre de 1870 finissant par la Commune, et de la guerre mondiale de 14-18 finissant par la révolution victorieuse d’Octobre 17, lui faisait craindre qu’en fin de compte les masses lui fassent payer sa barbarie.

Aucune peur ne pouvait cependant arrêter la bourgeoisie sur la voie où la poussaient les contradictions de son régime : déclencher la guerre pour vaincre ses concurrents capitalistes.

Classe historiquement condamnée et destinée à être enterrée par le prolétariat pour que l’humanité puisse vivre, elle comptait néanmoins se sauver et éviter la révolution prolétarienne, en écrasant sous les ruines de la civilisation la classe ouvrière elle-même.

Déjà en 1921, au IIIème Congrès de l’Internationale Communiste, Trotsky lançait l’avertissement suivant à la classe ouvrière de tous les pays :

“Au moment où les forces productives du capitalisme butent contre un mur, ne peuvent plus progresser, nous voyons la bourgeoisie réunir entre ses mains l’armée, la police, la science, l’école, l’église, le parlement, la presse, les gardes-blancs, tirer fortement sur les rênes et dire en pensée à la classe ouvrière : “…Je vois un abîme s’ouvrir sous mes pieds. Mais nous allons voir qui tombera le premier dans cet abîme. Peut-être avant ma mort, si vraiment je dois mourir, réussirai-je à te pousser dans le précipice, O classe ouvrière !”… Si la bourgeoisie, condamnée à mort au point de vue historique trouvait en elle-même assez de force, d’énergie, de puissance pour vaincre la classe ouvrière dans le combat terrible qui approche, cela signifierait que l’Europe est vouée à une décomposition économique et culturelle… Autrement dit, l’histoire nous a amenés à un moment où une révolution prolétarienne est devenue absolument indispensable pour le salut de l’Europe et du monde… L’histoire dit à la classe ouvrière “il faut que tu saches que tu périras sous les ruines de la civilisation, si tu ne renverses pas la bourgeoisie. Essaye, résous le problème !”

Le prolétariat d’Europe, malgré ses années de luttes et d’expériences, a été devancé par la bourgeoisie dans ce combat.

La catastrophe du Continent a été consommée. Une des forces essentielles de la lutte socialiste en Europe, le prolétariat allemand, a été enseveli sous les ruines causées par la bourgeoisie.

Mais malgré les terribles ravages et le recul de la civilisation, il reste au prolétariat assez de forces vives capables de prendre le dessus.

Sur les ruines accumulées, la bourgeoisie n’est pas arrivée à un équilibre capitaliste lui permettant de conjurer le péril de la révolution prolétarienne. La classe ouvrière européenne affaiblie ne se trouve pas seule en face de son ennemi. L’impérialisme a des tâches réactionnaires gigantesques à accomplir et des ennemis redoutables non encore abattus : c’est l’économie planifiée de l’URSS qu’il veut détruire, c’est l’éveil des peuples coloniaux qu’il veut continuer à asservir, c’est ses propres contradictions et rivalités. Et il suffit à l’heure actuelle de considérer la lutte du prolétariat français belge, italien, espagnol, de connaître l’hostilité grandissante du prolétariat anglais et américain vis-à-vis de sa propre bourgeoisie pour dire que LA CLASSE OUVRIERE PEUT ENCORE EMPECHER LES MORTS D’ENSEVELIR LES VIVANTS, c’est-à-dire que la classe condamnée par l’histoire, la bourgeoisie impérialiste consomme définitivement la ruine de l’humanité entière.

Mais pour cela il faut que l’avant-garde de la classe ouvrière prenne entièrement conscience des conditions de sa victoire : rompre politiquement avec la bourgeoisie et ses valets social-chauvins, dénoncer devant le peuple travailleur les guerres, les mensonges et les violences de la classe capitaliste, enseigner à la classe ouvrière non la conciliation, mais la nécessité du renversement de la bourgeoisie par une guerre civile sans merci, car :

“Une guerre plus légitime 
c’est la guerre à qui nous opprime :
CELLE QUE NOUS NE FAISONS PAS”.

Non à la guerre au #Mali, troupes françaises hors d’#Afrique !

La guerre que la France mène au Mali n’est qu’une de ces nombreuses et infâmes guerres impérialistes.

Oh ce n’est pas ainsi que le gouvernement l’a présenté, bien sûr. Il s’agissait prétendument d’une guerre contre le terrorisme et pour la libération de la population malienne. Cette guerre devait chasser les djihadistes des villes du nord.

Cela devait être une guerre éclair. Aujourd’hui l’armée et le gouvernement français prétendent que la menace terroriste est éliminée mais il a décidé de rester pour… stabiliser la situation et aider au rétablissement de l’armée et l’Etat malien. Eh bien nous y voilà !

Voilà le véritable but de guerre : une guerre tout bonnement à visée impérialiste, dans la continuité des guerres coloniales, une de ces sales guerres destinées à protéger les intérêts du grand capital dans la région.

Les intérêts de Total en Mauritanie où il exploite le pétrole et où le fer est aussi pillé depuis de longues années, mais surtout les intérêts d’Areva qui exploite l’uranium au Niger voisin et c’est cette exploitation qui assure la prétendue « indépendance énergétique de la France » !

La France n’a que faire de la liberté et du bien-être de la population malienne, de même qu’elle se moque des pauvres de Côte d’Ivoire, du Sénégal…

Faut-il rappeler que la présence militaire de la France dans une grande partie de l’Afrique, la mise en coupe réglée par les trusts français, vont de pair avec le maintien de gouvernements et d’appareils d’État corrompus et dictatoriaux, plus soucieux de s’enrichir sur le dos de la population que de la défendre ?

Faut-il rappeler que le Mali est un des pays les plus pauvres de cette Afrique subsaharienne qui en compte pourtant beaucoup, et les décennies de domination coloniale française portent une large part de responsabilité dans cette pauvreté.

La population n’a eu comme seule ressource pour survivre que d’envoyer une fraction de sa jeunesse travailler en France, s’intégrer dans les chaînes de production des grandes usines et peupler les foyers d’immigrés.

Mais, aujourd’hui, même cette possibilité est rendue ô combien plus difficile.

Alors oui, Lutte Ouvrière a été dès le début opposée à cette guerre parce que c’est une guerre impérialiste qui est menée comme toutes les guerres coloniales pour piller les ressources d’un pays et pour continuer à maintenir le même ordre injuste : le pillage, l’exploitation par la France et les puissances impérialistes qui maintiennent l’Afrique dans la misère.

Mais nous sommes aussi opposés à cette guerre parce qu’elle sème dans toute la région des bombes à retardement, parce qu’elle risque d’attiser les tensions ethniques, parce qu’elle risque même sur le long terme à renforcer l’intégrisme radical.

Comme cela s’est passé en Irak, en Afghanistan, en Libye, l’intervention de l’armée française fera naître plus de vocations de terroristes islamistes.

Il se pourrait bien que l’intervention de la France fasse du Mali le nouveau champ d’entraînement de tous les djihadistes en herbe, l’intégrisme religieux jouant pour les déshérités du monde arabe le même rôle que les organisations populistes, xénophobe ou fascisante qui se développent en Europe dans les couches les plus délaissés.

La lutte contre ce terrorisme n’est pas une question de moyens policiers ou de mesures répressives. C’est un combat politique contre la misère et l’oppression.

Alors, non, rien de bon ne peut sortir de cette guerre. Le mal, en Afrique, la France l’a fait et elle continue de le faire. Et, une fois de plus, c’est le Parti socialiste qui apparaît comme l’exécuteur cynique des basses œuvres de l’impérialisme français.

Non à la guerre au Mali, troupes françaises hors d’Afrique !

Le discrédit de Hollande renforce la droite et l’extrême droite mais elle provoque aussi du mécontentement parmi les électeurs habituels du PS. Ils ont tendance à se regrouper autour de Mélenchon et du Front de gauche.
Au Front de gauche, la direction du PC et Mélenchon n’ont pas la même stratégie électorale en particulier dans les municipales, mais ils ont fondamentalement la même politique et la même préoccupation d’attirer les « déçus du socialisme » et de représenter l’alternative à gauche.
Après avoir aidé dans le passé Mitterrand à se donner une image d’homme de gauche, la direction du PC amène la force militante et le crédit qui lui reste de son passé de parti ouvrier à Mélenchon. Il aide ainsi l’ancien sénateur et ministre socialiste à se donner une allure de révolutionnaire du verbe et d’ami des travailleurs.
La sauce de Mélenchon est un drôle de mélange qui concilie la prise de la Bastille avec une candidature au poste de premier ministre.
Après Hollande, c’est lui qui nous explique maintenant qu’il est possible d’avoir un « bon » gouvernement de gauche, qu’il est possible d’en faire ravaler aux plus riches et de concilier les intérêts des travailleurs et de la bourgeoisie.
Le croire serait aller d’illusions en illusions ! Quand bien même Mélenchon serait Premier ministre, il serait non seulement sous l’autorité de Hollande, mais surtout à la tête d’un appareil d’Etat entièrement construit pour servir les intérêts de la bourgeoisie.
Un appareil d’Etat composé de centaines, de milliers de hauts fonctionnaires, des préfets aux directeurs de cabinet des ministères, qui incarnent la continuité de l’Etat pendant que les ministres passent. Un appareil d’Etat avec la hiérarchie militaire, la hiérarchie policière, dressées pour défendre l’ordre bourgeois sur l’économie.
Un gouvernement Mélenchon devra, comme n’importe quel autre gouvernement sous la domination sociale de la bourgeoisie, obéir à la classe riche. Dans cette période de crise, cela le mettra dans l’obligation de faire une politique anti-ouvrière.
Les mots d’ordre que Mélenchon met en avant sont toujours d’apparence radicale mais ils sont politiquement creux et ils sont étrangers aux intérêts des travailleurs.
Mélenchon a compris que l’alternance ne faisait plus rêver personne, il propose donc de changer de constitution. La solution miracle serait de bâtir une nouvelle République la VIe République qui deviendrait démocratique et sociale par la grâce de nouveaux textes constitutionnels. Comme si l’exploitation était inscrite dans la constitution !
Ce n’est pas une constitution qui permet aux capitalistes de s’enrichir sur notre dos, c’est le droit de propriété capitaliste, c’est le monopole que la bourgeoisie a sur l’argent, sur les entreprises et sur toute l’économie. C’est ce monopole là qu’il faut supprimer, mais renverser la domination de la bourgeoisie, ce n’est pas le programme de Mélenchon.
À tous ceux qui sont convaincus par nos idées mais qui regrettent que nous ayons moins d’influence que Mélenchon, nous disons : « rejoignez-nous ! » Car s’il y a bien des choses que nous ne pouvons pas faire, il y en a toujours une que pouvons faire : dire ce que nous pensons, affirmer notre politique communiste révolutionnaire, faire vivre nos idées et de préparer l’avenir .
Les révolutionnaires n’ont pas à se mettre à la remorque de politiques étrangères aux intérêts des travailleurs, il faut qu’ils s’attèlent à la tâche de construire un parti. Ils doivent être présents et se battre pour donner aux luttes politiques qui ne manqueront pas dans les années à venir la seule orientation positive, la lutte de classe.
L’existence d’un parti, riche des expériences de l’ensemble du mouvement ouvrier et présent à l’échelle du pays manque aujourd’hui cruellement. Il faut œuvrer pour qu’il renaisse au plus vite.
Nous ne partons pas de rien. Nous avons derrière nous toute l’histoire du mouvement ouvrier, ses trahisons, ses échecs mais aussi son expérience et ses victoires.
Le mouvement ouvrier de hier comme celui d’aujourd’hui est porteur de valeurs morales aux antipodes des valeurs de la société bourgeoise. Contre l’individualisme et le chacun pour soi de la société capitaliste il est porteur de la solidarité et de la fraternité ! Contre l’adoration de l’argent, il porte les intérêts collectifs ! Contre le nationalisme, l’internationalisme !
Nous ne doutons pas que demain ces valeurs attireront tous ceux révoltés par l’exploitation et son cortège d’injustices. Les idées communistes, la perspective de la révolution sociale, nos idées, attireront les plus révoltés, les plus combatifs, les plus dévoués à la cause ouvrière.
Il faut s’adresser à tous ceux là et leur donner envie de se joindre à nous.
Alors, camarades, je vous souhaite une bonne fête et bon courage pour poursuivre le combat !
Extrait de l’allocution de Nathalie Arthaud à la fête de Lutte Ouvrière le dimanche 19 mai 2013

La folie de l’économie capitaliste

La guerre menée par le patronat et le gouvernement contre les travailleurs n’a pas encore la brutalité de celle menée en Grèce, en Espagne, au Portugal. La France part de plus haut, c’est un pays économiquement plus puissant, qui a accumulé au fil du temps plus de richesses, notamment en pillant et en colonisant une grande partie de l’Afrique.

La bourgeoisie a donc pu, dans le passé, concéder aux exploités toute une série de droits. Ils sont en train d’être démolis. Regardons vingt ans en arrière : quand on était embauché, sauf accident ou choix personnel, c’était pour la vie. Aujourd’hui, quel jeune imagine décrocher un CDI ? Le CDI est devenu un privilège, la norme maintenant c’est le travail à la commande, le travail à la tâche comme au 19ème siècle !

Il reste encore des amortisseurs sociaux, comme ils disent, mais jusqu’à quand ? Alors que tout le monde, à droite comme à gauche, s’est toujours gargarisé du modèle français de protection sociale avec la Sécurité sociale, voilà que de plus en plus de voix se font entendre pour la remettre complètement en cause.

Quant aux droits à la retraite, ils reculent depuis trente ans. Ça continue avec Hollande. Avec la loi sur la flexibilité, le gouvernement en a déjà fait plus pour aggraver les conditions de travail qu’en dix ans de droite. Du nord au sud de l’Europe, ce sont les mêmes reculs, les mêmes sacrifices imposés aux travailleurs, que le gouvernement soit de droite ou de gauche. Par les temps qui courent, le gouvernement ne peut qu’être le bras armé de la bourgeoisie contre les exploités.

La défense des intérêts des travailleurs n’est pas une question d’élections, mais de rapport de forces entre la grande bourgeoisie et les travailleurs. La lutte de classe, ce n’est pas du passé, elle est là, féroce, et surtout elle est à sens unique. Car il n’y a que la bourgeoisie qui donne des coups. C’est cela qu’il faut changer.

Pour inverser le rapport de forces, les travailleurs ne pourront faire l’économie d’une lutte massive, qui fasse peur à la bourgeoisie, comme elle a eu peur en juin 1936 avec les occupations d’usines, comme elle a eu peur en mai 1968.

Si les luttes ne se décrètent pas, elles se préparent dans les têtes et dans les consciences. Dévoiler la politique de la bourgeoisie, dénoncer le jeu de ses serviteurs politiques, dire la vérité aux travailleurs, les armer politiquement, moralement, c’est ce que les directions syndicales pourraient et devraient faire.

Au lieu de cela, les dirigeants syndicaux –les directions centrales des appareils syndicaux, pas les militants de base- passent leur temps en conciliabules avec le gouvernement et le patronat. L’encre des accords sur la flexibilité n’est pas encore sèche que le gouvernement et le patronat ouvrent déjà un nouveau cycle de conférences sociales sur les retraites. Alors que tout le monde a compris que le patronat n’est pas disposé à faire de cadeaux et qu’il ne veut négocier que des reculs pour les travailleurs, pourquoi cautionner ces négociations bidon ? Et pire encore : présenter les reculs comme des avancées ?

Gouvernement et patronat nous disent qu’il faut être compétitif, flexible, mais tout cela pourquoi ? Ils restructurent, ils nous demandent d’accepter le chômage, mais pourquoi tous ces sacrifices ? A quoi servent les milliards retirés des services publics ? Si, encore, cela améliorait la situation économique, mais c’est tout le contraire ! C’est toujours et encore la finance, qui prospère, et la spéculation.

La finance tue la croissance, le paiement de la dette tue toute perspective de relance économique. Ce sont les mêmes bourgeois qui sont tiraillés entre ces objectifs contradictoires. Bouygues ou Peugeot n’ont rien contre la relance, ils sont pour ! Mais ils ont aussi des intérêts financiers, et c’est d’ailleurs leur capital placé dans la finance qui leur rapporte le plus.

Le capitalisme est un système perclus de contradictions. À commencer par celle qui pousse chaque capitaliste individuel à aggraver l’exploitation, à baisser les salaires, alors que c’est précisément cela qui limite, voire fait reculer la consommation des classes exploitées, et donc le marché.

La crise est due à ce que le système est capable de trop produire par rapport à la consommation solvable. C’est l’abondance qui crée la misère. Il n’y aucune raison de se résigner à cette folie. Il faut supprimer la domination de la bourgeoisie sur l’économie, c’est-à-dire la propriété privée des moyens de production.

[Lutte Ouvrière, éditorial du lundi 20 mai 2013]